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Tous les dépôts pétroliers français ont été débloqués, sauf un en grève

Tous les dépôts pétroliers français ont été débloqués, sauf un en grève

François Hollande est resté ferme vendredi face à la volonté des opposants à la loi travail de poursuivre leur fronde, tandis que la situation s'améliorait sur le front des carburants avec le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers.

Six des huit raffineries du pays étaient toujours à l'arrêt ou au ralenti vendredi après-midi mais tous les dépôts pétroliers ont en revanche été libérés, sauf un, Gargenville, dans les Yvelines, selon le secrétariat d'Etat aux Transports.

En tout, 15 dépôts sur la centaine que compte le pays ont été débloqués sans incident par les forces de l'ordre, dont Donges (Loire-Atlantique) vendredi matin.

La situation semblait par ailleurs s'améliorer dans les stations-service. Total a indiqué que sur ses 2.200 stations, un peu moins d'un tiers (741) étaient en difficulté, et le groupe a triplé sa flotte de camions pour réapprovisionner son réseau.

Les opposants à la loi travail sont cependant loin de baisser les bras. L'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL, a ainsi appelé "à poursuivre et amplifier les mobilisations", "en multipliant et en soutenant les actions décidées par les salariés".

'Climat de haine' 
"Je tiendrai bon parce que je pense que c'est une bonne réforme" leur a répondu François Hollande depuis le Japon et le sommet du G7. Visage fermé, le chef de l'Etat a rappelé que le "premier devoir" de l'exécutif était d'assurer "la liberté de circuler" et "le bon fonctionnement de l'économie".

Le patron de la CGT Philippe Martinez a pour sa part dénoncé le "climat de haine" distillé, selon lui, par l'exécutif et le patronat, tandis que Jean-Claude Mailly de Force ouvrière (FO), a réclamé la suspension des débats au Parlement sur le projet.

Les syndicats hostiles au texte vont mettre en place "dès le début de la semaine prochaine" une "votation citoyenne", une grande consultation sur ce texte, dans "les entreprises, les administrations et lieux d'études".

Le patron du Medef Pierre Gattaz a pourfendu des "méthodes de voyous" et "d'irresponsables", appelant à "résister au chantage" des syndicats contestataires.

Principal point de crispation: l'article 2 du projet qui donne la primauté aux accords d'entreprise dans l'aménagement du temps de travail, une ligne rouge pour les syndicats qui redoutent le dumping social.

Jeudi, Manuel Valls a été catégorique réaffirmant qu'il "ne toucherait pas" à cet article, même si, dans la majorité, des parlementaires envisagent la possibilité de le modifier.

Selon un sondage Tilder/LCI/Opinionway, 66% des Français pensent que le gouvernement doit retirer la loi travail.

Au lendemain d'une huitième journée d'actions qui a vu près de 300.000 personnes défiler dans le pays, selon la CGT, et 153.000, selon les autorités, le risque d'une escalade de la violence demeure.

De nouveaux incidents ont éclaté jeudi dans la capitale, des manifestants cagoulés ont brisé des vitrines, dégradé des véhicules, et lancé des projectiles. 32 personnes ont été placées en garde à vue - 62 sur tout le territoire. A Paris, un jeune homme a été blessé "sérieusement".

A Fos-sur-Mer, un manifestant a été sérieusement blessé par un véhicule qui a voulu forcer un barrage CGT, et deux manifestants ont été blessés à Vitrolles par un chauffeur de poids lourd.

A un peu plus de deux semaines du début de l'Euro de football, la mobilisation est montée d'un cran, et les blocages de sites pétroliers ont fait craindre une pénurie de carburant.

Valls reçoit les pétroliers samedi
La demande restait soutenue vendredi. Les patrons des secteurs pétroliers et des Transports seront reçus samedi à Matignon, pour de nouveau "faire le point sur la situation de l'approvisionnement en carburant, les actions entreprises et celles planifiées".

Parmi ces actions, les agriculteurs ont obtenu une dérogation pour utiliser du fioul domestique dans leurs tracteurs.

Par ailleurs, les dockers bloquaient vendredi les accès au port autonome de La Rochelle, 6e port maritime français, tandis que la grève a été reconduite jusqu'à lundi aux terminaux pétroliers du Havre (qui alimentent Orly et Roissy en kérosène), où le gouvernement a imposé un service minimum.

 

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